Aller au contenu
Accueil » L’insécurité à Bruxelles, le choix du MR-NVA, VLD-CD&V

L’insécurité à Bruxelles, le choix du MR-NVA, VLD-CD&V

Tribune libre de la Liste du bourgmestre dans le Wolu Info #3 2022

Nombreux sont les experts qui constatent que le gouvernement de Charles Michel a désinvesti dans les services de la police fédérale et plus particulièrement au détriment de ceux qui devraient être au service de la population bruxelloise.

Sous l’influence du ministre de l’intérieur de l’époque, Jan Jambon (NVA, parti d’extrême droite nationaliste), le gouvernement de Charles Michel a ralenti considérablement le recrutement d’inspectrices et inspecteurs de police pour les services de la police fédérale établis à Bruxelles. Il en a été ainsi plus particulièrement pour la police judiciaire, la police scientifique, la police des chemins de fer qui sont en manque d’effectifs.

Sous l’actuel gouvernement d’Alexander De Croo, il n’a pas été constaté une nette amélioration de la situation. Certes, quelques effets d’annonce mais dans les faits qu’en est-il ?

  1. Ces dernières années, les zones de police locales ont été de plus en plus mises à contribution pour concourir à des enquêtes judiciaires de grande importance, se rapportant pourtant à des faits de criminalité qui concernent tout le territoire national. Il en est ainsi pour la lutte contre le trafic international de la drogue dont Anvers est la plaque tournante et qui s’étend au reste du pays. Récemment, le directeur de la police judiciaire fédérale de Bruxelles a sollicité la Conférence des bourgmestres pour qu’elle accepte de détacher des zones de police bruxelloises au moins 15 inspecteurs spécialisés dans les enquêtes contre la grande criminalité. Et ce directeur d’expliquer qu’il ne peut exploiter, par manque de personnel, toutes les sources d’informations dont ses services disposent et qui permettraient l’identification de dangereux criminels. Un véritable désastre. Comme le gouvernement fédéral ne prévoit pas l’engagement d’un nombre suffisant d’agents pour ce service, son directeur n’a pas d’autre choix que de s’adresser aux zones de police locales. Mais le plus grave dans l’affaire est qu’en réalité la direction de la police judiciaire fédérale de Bruxelles a été contrainte à détacher certains de ses agents auprès du service équivalent basé à Anvers. En définitive, les zones de police bruxelloises sont appelées à la rescousse pour que Bruxelles renforce Anvers. Un comble !
  2. Pendant une longue période, la police fédérale a informé les zones de police bruxelloises qu’elle ne pourrait plus envoyer sur le terrain des enquêteurs de la police scientifique par manque d’effectifs. Fini le relevé de certains indices, notamment après des vols par effraction chez les habitants. Pourtant le relevé des indices permet le croisement, bien utile, avec les banques de données et l’identification des auteurs. Ce n’est que très progressivement que la police fédérale scientifique pourrait à nouveau être appelée en soutien. Que de perte de temps et que de délits non identifiés !
  3. La suppression, toujours à l’initiative de l’extrême droite nationaliste (NVA) de la cellule spécialisée au sein de la police judiciaire fédérale consacrée à la lutte contre le trafic des antiquités a conduit à ce terrible constat : Bruxelles est la plaque tournante des antiquités volées, des contrefaçons et autres pièces de contrebande. Les spécialistes savent que derrière ce type de trafic juteux se cachent d’autres trafics liés au blanchiment de l’argent sale ou d’autres crimes et délits encore plus lourds.
  4. La police des chemins de fer doit assumer une mission importante dans les principales gares et les stations de métro à Bruxelles. Confrontée à un manque d’effectifs criant, elle a dû abandonner le terrain à des moments cruciaux (en soirée ou le week-end) alors que c’est à ces heures qu’elle devrait être encore présente. Résultat : les zones de police bruxelloises suppléent.
  5. La lutte contre la grande criminalité financière est rendue inefficace en raison du manque d’enquêteurs spécialisés. Un célèbre juge d’instruction bruxellois dénonce cette situation depuis de nombreuses années. L’État y perd des milliards d’euros de recettes. C’est timidement qu’après une mise en garde du Collège des procureurs généraux, que les ministres de l’intérieur (CD&V) annoncent un recrutement.
  6. Enfin, autre preuve du désinvestissement du gouvernement Michel et poursuivi par l’actuel gouvernement De Croo : l’impossibilité pour le greffe du tribunal correctionnel de Bruxelles de préserver les pièces à conviction récoltées dans le cadre des enquêtes pénales. Vu l’état de délabrement du Palais de Justice de Bruxelles, le président du tribunal de 1ère instance de Bruxelles n’avait pas eu d’autre choix que de fermer les locaux où étaient entreposés ces pièces à conviction. Résultat : obligation pour les zones de police bruxelloises d’organiser en des lieux sécurisés leur conservation avec, pour conséquence, la prise en charge de dépenses en personnel et en investissements qui ne leur incombent pourtant pas.

Voilà comment le gouvernement fédéral désinvestit dans les fonctions régaliennes (sécurité et justice), singulièrement au détriment de la population bruxelloise. Avec pour conséquence que les finances communales suppléent les lacunes du fédéral en supportant des charges budgétaires toujours plus lourdes.

Conclusion

La vérité est que la NVA, obnubilée par sa volonté anti-bruxelloise et séparatiste, a obtenu des MR, VLD et CD&V que Bruxelles et ses communes soient progressivement asphyxiées sur le plan budgétaire. Ainsi la mise de Bruxelles sous tutelle par la Flandre, prétendument mieux gérée, trouvera des partisans. Evidemment, ce n’est ni le PS ni Groen-Ecolo qui se soucient de cette évolution si préjudiciable aux intérêts des Bruxellois.

Notre majorité communale, dirigée par notre bourgmestre Olivier Maingain (DéFI), elle, est vigilante et ne peut accepter cette menace.

Partager cet article