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La mauvaise surprise budgétaire de la fusion des zones de police bruxelloises : + 6 millions €

Plus de 6 millions d’euros, voilà le montant de la dotation complémentaire que notre commune devra payer à terme à la suite de la fusion des zones de police bruxelloises. J’avais annoncé que cette réforme allait nous coûter bonbon mais je ne pouvais imaginer un tel montant astronomique, insupportable pour les finances de la commune.

Le ministre de l’Intérieur mène cette réforme tambour battant et tente d’obtenir le vote de son projet de loi par le Parlement avant l’été. Il n’a jamais eu la franchise de donner quelques chiffres sérieux quant aux conséquences budgétaires de sa réforme calamiteuse. Brulocalis, l’association représentative de la ville et des communes bruxelloises, l’avait pourtant mis en garde en lui demandant de ne pas précipiter cette réforme.

C’est un groupe d’experts financiers, mandaté par la Conférence des bourgmestres, qui a pu établir la simulation des charges budgétaires nouvelles qu’imposera cette fusion à certaines communes bruxelloises. Pour Woluwe-Saint-Lambert, le verdict est sidérant. A la perspective 2033, notre commune devra donc octroyer, par an, une dotation à la future zone de police unique d’un montant de quelque 22 millions, soit 38% d’augmentation (hors inflation) en comparaison avec le montant de la dotation allouée à l’actuelle zone de police Montgomery.
Sans avoir la certitude d’avoir un service de police aussi présent que celui de notre zone actuelle. Notre zone de police se distingue en effet par son effectif fourni, sa bonne gestion budgétaire, son faible endettement, et surtout ses interventions efficaces et appréciées de très nombreux habitants de notre commune, ainsi qu’en témoigne l’enquête d’opinion réalisée tous les 2 ans par le Moniteur de la sécurité.

Demain, avec la fusion des zones de police bruxelloises, il est plus que probable que notre commune paiera plus pour avoir moins de sécurité car nous pouvons redouter que des effectifs de notre zone de police soient affectés à d’autres communes et territoires de la Région bruxelloise. Bref, le ministre de l’Intérieur est le ministre de l’insécurité, à commencer pour les finances communales.

Avec mes collègues bourgmestres de Bruxelles, je poursuivrai inlassablement notre action pour tenir en échec une réforme qui ne repose sur aucune évaluation sérieuse. Au contraire, une étude de l’université de Gand a démontré que les 6 zones de police actuelles assumaient pleinement, vu leur taille et leurs effectifs, les missions de police qui leur incombent. Et pourtant, ainsi que Brulocalis l’a démontré, les 6 zones bruxelloises sont sous-financées par le gouvernement fédéral, à concurrence de près d’un ½ milliard d’euros sur le temps d’une mandature communale (6 ans).

Nous allons forcer le ministre MR de l’Intérieur à verser la juste part qui doit revenir à la zone de police bruxelloise. Dans le même temps, il doit renforcer sensiblement les effectifs de la police judiciaire fédérale à Bruxelles car son manque d’effectifs a pour conséquence qu’il n’y a pas les enquêteurs pour lutter contre la grande criminalité. Or, cette mission incombe principalement, voire exclusivement, à la police judiciaire fédérale mais les zones de police sont de plus en plus mobilisées par les magistrats pour en pallier les carences. Voilà ce à quoi le ministre devrait s’employer plutôt qu’à faire supporter par les communes un coût prohibitif.

Olivier MAINGAIN

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